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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Affaire sous silence,

Lauren Hill
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Lun 12 Fév - 15:14
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
7 février 933
Alexandria



Je quittais mon hôtel en marchant d’un pas des plus pressé avec la ferme intention de me rendre dans les plus bref délais dans les locaux de “La Tribune”. Cela faisait à présent plusieurs que je n’y avais pas mis les pieds. Je n’avais, après tout, que très peu de raisons de m’y rendre d'ordinaire. Je ne travaillais alors sur aucun sujet et je préférais donc me concentrer sur l’écriture de mon nouveau roman tout en profitant de la quiétude de ma chambre d’hôtel.

Néanmoins, ce matin-là, le groom était venu me quérir, m’informant de l’appel de mon rédacteur, m'exhortant à me rendre au journal le plus vite possible. Wislow, me connaissant mieux que personne, tout du moins, professionnellement parlant, me savait solitaire et peu encline à fréquenter les locaux sans bonne raison. Après tout, je n’étais pas à proprement parlé l’une de journaliste, je me contentais d’écrire sur des sujets qui n’intéressaient que moi et les vendaient, pas la suite au quotidien. Même s’il m’arrivait, de temps à autre, de rendre quelques services à des amis, à condition, évidemment, que je m’ennuie assez pour cela.
Ce n’était pas le cas, pas cette fois, j’avais largement de quoi m’occuper, et Wislow le savait.

L’affaire ne pouvait être qu’importante. Voilà pourquoi, je trottinais presque dans la rue, faisant claquer les talons de mes bottines sur les pavés de la grand-rue. En logeant le palais de justice, je passais devant l’un de nos petits vendeurs à la criée, les bras chargés de l’édition du jour criant aux passant “Meurtres nocturnes, le tueur des bas-quartiers a encore frappé.”

J’avais entendue parlé de l’affaire, il s’agissait du deuxième meurtre en l’espace de trois jours. Donc… cela sentait le tueur en série à plein nez et ce n’était pas quelque chose qui arrivait tous les jours. Je n’ai jamais été férue de ce genre d’affaire, souvent morbide et désolante, il est vrai. Je ne me rendais pas au journal parce que le sujet me passionnait, mais simplement, car l’un de mes amis avait requis mon aide, chose qu’il ne faisait pour ainsi dire jamais. Et quelque chose me disait que cela était justement en rapport avec cette histoire de meurtre.

Je pressais donc le pas, traversant la rue de façon plutôt imprudente puisque je manquais presque de me faire percuter par un cheval tirant son fiacre sombre. Le cochet m’insulta, du moins je le suppose puisque peu intéressée, mon attention se portait ailleurs, bien loin de l’homme énervé. Le journal se trouvait au coin de la rue, dans l’une de ses bâtisses bourgeoises à la façade de pierre blanche et brillant de façon dérangeante lors de jour de beau temps.

Je pénétrais dans les locaux, saluant les femmes assises à l'accueil d’un simple mouvement de tête avant de disparaître dans le couloir chargé d'effervescence menant au bureau du nouveau rédacteur. J’entrais comme à mon habitude : sans frapper. Inutile de m’en préoccuper puisque j’étais attendue. Wislow était là, penché sur son bureau, la tête enfoui dans une pile de documents.

-Ren! Tu as fait vite. Un café?

- J’ose espérer que tu ne m’as pas convoqué pour simplement m’offrir un café, Wislow.rétorquai-je en lui lançant un regard noir, croisant les bras afin de lui montrer que je n’étais certainement pas d’humeur à plaisanter et encore moins à perdre mon temps. Que voulais-tu?

Il supira en se laissant tomber dans son fauteuil bien trop imposant pour sa faible stature. Ses cheveux blonds, habituellement coiffés en arrière étaient en bataille… Il était inquiet…angoissé aussi et semblait manquer de sommeil.

Il passa la demie heure suivante à m’expliquer que l’affaire des meurtres des bas-quartiers avait été placée sous silence par la milice, de ce fait, personne ne savait quoique ce soit, ce qui n’était évidemment pas bon pour les affaires du journal. Par conséquent, il avait fait appel à moi pour couvrir l’histoire, rédiger tous les articles la concernant… et tirer un maximum d’informations grâce à mes indicateurs et mes méthodes dites particulières. Dans l’idée, c’était bien joli, sauf que je n’en savais pas plus que lui, la milice parlerait peut-être en soudoyant l’un des hommes, et encore, j’en doutais sérieusement.

À vrai dire, si Wis n’avait pas été l’un de mes amis, je serais parti en claquant la porte. Sauf qu’il l’était et la direction lui mettait une pression de tous les diables sur ses frêles épaules de nouveau rédacteur. Il aimait son travail et avait une famille à nourrir… J’acceptais donc, en soupirant tout de même.

Ainsi, équipée de mon matériel d’écriture, je me rendis sur les lieux du crime, le dernier. Le meurtre avait eut lieu dans la nuit et les inspecteurs se trouvaient toujours là, observant la plus grosse tache de sang qu’il m’ait été donné de voir. Le corps, quant à lui, avait été enlevé, heureusement pour moi…

Inutile d’interroger les miliciens, ceux-ci renvoyaient sans ménagement les autres journalistes présents… Je parvins toutefois à entendre quelques brides de conversations… “prostituée”, “éviscération”, “aucun témoin”… aussi peu ragoûtant qu’informatif...

- Hey vous! Vous n’avez rien à faire ici, pas de journaliste, gronda un homme en uniforme à mon attention.

- Allons, pas la peine de vous montrer aussi agressif, juste une question ou deux...

L’homme se braqua… Je n’en tirerai rien, inutile d’insister. Je m’éloignais donc, tout en jetant un regard ou deux à la scène de crime, remarquant un homme grand, chapeau haut de forme et mine patibulaire. “Le chacal” supposai-je. L’on m’avait parlé de lui, il ne plaisantait pas et ses méthodes lors des interrogatoires étaient, disait-on, des plus discutables. J’avisais la foule, à la recherche d’un visage familier, oh pas parmi les journalistes, non, mais plutôt au milieu des pauvres âmes peuplant les lieux.

Le détail, l’important se trouvait toujours dans les regards. Jamais les fixes, ils ne vous apporteront rien, ceux-là appartiennent aux curieux, cherchant la même chose que vous. Non, il me fallait trouver LE regard fuyant, celui qui savait déjà ce qu’il se trouvait là où tous les autres yeux se portaient… Et je finis par le dénicher.

Celui-ci appartenait à une femme, la trentaine, portant une robe aussi fanée que son visage, mais au décolleté bien visible. Une prostituée, à n’en pas douter… Peut-être une connaissance de la victime…



-Hey vous! lançai-je au milicien qui m’avait si bien accueilli un peu plus tôt. Vous l’avez interrogé elle ?

Je désignais la femme d’un mouvement de tête, l’homme observa la prostituée, juste un instant avant de se tourner vers moi.

- Dites à votre chef que je sais comment la faire parler. Ses méthodes ne fonctionneront pas sur elle, vous pouvez me croire. Je ne demanderai que quelques informations en échanges...

Il me jeta un regard noir, sans un mot, puis disparut pour se rendre près du fameux inspecteur. Me voilà donc avec quelques cartes en mains, restait à savoir si le chacal avait envie de jouer.[/color][/color]



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Dernière édition par Lauren Hill le Mar 29 Mai - 11:47, édité 1 fois
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Garrett Catesby
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Lun 12 Fév - 21:39
Irys : 509901
Profession : Inspecteur borderline
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" C’est bon, on a retiré le coprs de la chaussée. "

La voix résonna derrière lui, il n’y répondit pas d’ailleurs. Il était… Encore perdu dans ses pensées, l’homme voyant qu’il n’obtiendrait aucune réponse, finit par hocher la tête avant de tourner les talons. C’était une bonne chose que le corps soit retiré avant que la rue calme laisse place à l’agitation matinale, peu d’estomac aurait été en mesure de supporter la vue, bien qu’avec la mare de sang toujours présente sur les pavés, l’on se doutait aisément qu’il ne s’agissait pas d’une petite coupure au genou.

La deuxième victime en trois jours, cela ne présageait rien de bon pour la suite des événements. La victime était elle aussi une prostituée, deux putains tuées en trois jours, drôle de coïncidence, sans dire que la méthode était la même, enfin, cette information devait rester secrète le plus longtemps possible. Les victimes avaient d’abord été étranglées, puis, on leur avait ouvert l'abdomen afin d’en retirer les organes. Autant dire que si la presse locale entendait ce genre de chose, Garrett aurait été en mesure de deviner le prochain titre de la Une. Il ne fallait pas grand-chose pour mettre le feu aux poudres, la presse raffolait de ce genre d’histoire, plus l’acte était barbare, plus le tirage était important.

L’inspecteur n’aimait pas particulièrement cette attirance pour le morbide, à se demander qui était le plus barbare entre l’auteur et le spectateur fasciné… Comme pour le premier meurtre, rien vu, rien entendu, pas de traces du coupable. Garrett avait même questionné une amie de la victime, prostituée elle aussi, mais… Disons que son témoignage était inutile : « Un client mécontent p’t’être bien, parait qu’elle n’était pas douée avec les hommes, peu agile avec le manche de ces messieurs, pas comme moi… ». Elle avait même joué du sourcil, quel malheur... Garrett ne doutait nullement du mécontentement d’un homme ayant payé pour ce genre de service, mais de là à l’éventrer comme un animal, il devait s’agir de quelque chose de plus grave qu’une erreur de pilotage.

Il soupira longuement, regardant les journalistes se faire rembarrer un à un par les miliciens. Il n’y avait pas pire que les journalistes, toujours prêt à tout pour avoir la moindre petite info, par chance, ici personne ne parlait, les consignes avaient été des plus claires : « pas de Une. ». Il fallait rendre l’affaire aussi discrète que possible, attirer le moins de journaliste, et trouver le meurtrier avant que la panique ne s’installe sur la ville. Comme le premier, le meurtre s’était produit en pleine nuit, dans un coin qui a une tardive était totalement désert, même si la femme avait eu le luxe de crier, personne n’aurait pu l’entendre. Il allait devoir faire son rapport, et le manque d’information n’allait pas jouer en sa faveur. C’est alors qu’un milicien arriva.

" Inspecteur. Une journaliste souhaite vous parler. Elle dit qu’elle sait comment faire parler la prostituée, en échange d’informations. "

" Magnifique. Qui est notre sauveuse ? "

" La brune, là-bas. "

Le regard de Garrett se posa sur la brune, une belle femme à n’en point douter, et cela malgré la distance d’ailleurs. Mais elle restait une foutue journaliste, espérant bénéficier d’une petite info pour s’empresser d’écrire un article. Il n’aimait pas le donnant-donnant, encore moins dans ce genre de situation, et tout ça pour faire parler une prostituée. Il se dirigea vers elle d’un pas décidé, convaincu qu’elle ne servirait probablement à rien, mais il n’était pas à l’abris d’un miracle. Il se posta devant elle, la regardant brièvement. Il n’avait même pas envie de discuter, il ne savait même pas pourquoi il avait accepté de lui parler, mais en tout cas, il ne comptait pas y passer la journée. Il fit signe à un autre milicien, qui attrapant la prostituée par le bras, l’emmenant jusqu’à eux.

" Très bien, allez-y, vous comptez me parler de manche vous aussi ? "




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Lauren Hill
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Mar 13 Fév - 13:27
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Très bien, il avait mordu à l’hameçon. Rien était gagné, évidemment, néanmoins, il fallait avouer que c’était un début… Tout du moins avant que le milicien ne s’empare de la pauvre femme, la traînant à eux comme un vulgaire sac de pomme de terre. Un peu d’humanité, que diable ! Était-ce donc cela ses fameuses méthodes ? Je secouais la tête, d’un mouvement lent en observant la scène avant de me reporter vers lui. Grand… très grand, bien plus que moi qui devait paraître minuscule à côté. Toutefois, ce n’était si taille, ni son regard froid qui allaient m’arrêter. Nul doute qu’il m’avait déjà dans le nez, je ne pouvais pas lui en vouloir, en soi, je comprenais bien d’où venaient ses ordres ainsi que la raison de leur existence. Une idée louable, en théorie. De mon point de vue, cacher la vérité n’était jamais bon… Et même en étant effectivement journaliste, j’étais avant tout une habitante de cette ville et savoir qu’il traînait dans les rues un tueur en série ne me rassurait guère. L’important était donc de le mettre rapidement hors d’état de nuire… Ainsi, je pourrais tranquillement écrire mon article ensuite tout en ayant fait mon devoir de citoyenne.

- De… manche ? Je vous demande pardon ?


Il se fichait de moi ? À l’évidence ce bon monsieur se pensait fort, invulnérable et au dessus de tout. Le chacal ne me croyait pas, qu’à cela ne tienne, il suffisait de lui prouver le contraire, mais pas ici, pas comme ça.

-Si telles sont vos méthodes monsieur, je ne peux que comprendre que celles-ci ne fonctionnent pas. dis-je en lui offrant un regard noir avant de désigner la prostituée d’un mouvement de tête. Observez-la bien inspecteur, cette femme est habituée à la violence, aux menaces, aux intimidations. Vous vous croyez dur ? Nul doute qu’elle ait connu bien pire… Ce n’est pas l’endroit, ni le moment de mener un interrogatoire.

J’ouvris les bras, afin d’englober la scène dans l’espoir de lui faire réaliser la bêtise qu’il était en train de commettre. Il se trouvait dans les bas-quartiers. Dans le lieu le plus sombre de la cité, l’endroit où tous étaient observés et où même les murs ont des oreilles… Je les croisais ensuite, plongeant mon regard dans le siens. Je n’affirmais jamais rien sans en être certaine. Tête haute, visage figé, regard fier, j’affichais ma détermination.

- Me laisserez-vous faire selon mes méthodes ou continurez-vous en me traiter en nuisible sous prétexte que je travaille pour la presse ?

Oh ça, oui, il devait comprendre. Mon article, à dire vrai, je le tenais déjà. Je m’approchais, rompant toute barrière personnelle, faisant fi des convenances pour lui parler sur le ton de la confidence.

- Figurez-vous inspecteur que je suis très, mais alors vraiment très douée dans mon métier. Je pourrais facilement obtenir quelques confidences, vous devez le savoir, non ? Une affaire sans témoin, cela n’existe pas. Sauf que je vous propose mon aide, alors que je pourrais très bien me passer de la vôtre. À vous de voir donc.

J'attrapais l'une de mes cartes de visite, y notais le nom de mon hôtel, ainsi qu'une heure avant de la glisser dans la poche de la doublure de son veston. Puis, tout en lui souriant, je tapotais légèrement dessus, juste histoire de marquer la présence de celle-ci.

- Le temps presse, mais ce n’est pas le moment...

Je m’éloignais en direction de la prostituée inutilement violentée par le milicien.

-Lâchez-là, elle n’a rien vu. Elle vous la déjà dit, il me semble, mentis-je à voix haute afin d’être entendue de tous.

Je m’approchai d’elle, lui murmurant quelques mots, lui donnant ainsi rendez-vous à mon hôtel, un peu plus tard dans la journée tout en lui permettant une belle somme à reverser à son maquereau, avant de disparaître dans la foule.

A vous de voir inspecteur, nous, nous serons au rendez-vous.



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Garrett Catesby
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Mar 13 Fév - 21:35
Irys : 509901
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
La brunette était plus petite que lui, mignonne, et une tête de bonne femme tenace. Après tout, c’était tout à son honneur, les bons journalistes étaient malheureusement ceux ne lâchant jamais l’affaire, pour le grand malheur de l’inspecteur. Bien entendu, il voyait plutôt d’un mauvais œil le fait qu’une journaliste se pointe au beau milieu de son enquête pour se donner un semblant d’importance. Un échange d’informations, et puis encore ?

Suivant le hochement de tête de la brunette il regarda à son tour la prostituée. Bien entendu, Garrett savait ce genre de chose, il se doutait très bien qu’elle ne lui avait rien dit d’important. Mais comme l’avait si bien dit la journaliste, ce n’était pas vraiment l’endroit pour un interrogatoire, et l’inspecteur ne se voyait pas vraiment… « Bousculer » la femme devant plusieurs personnes. Malgré tout ce que l’on pouvait dire sur sa personne, ses méthodes étaient efficaces, à la limite de l’immoral, mais efficace.

Il se demandait de quelles méthodes elle parlait, les petits gâteaux et le verre de lait ? Parler de ses perspectives d’avenir ? Faire du social ? Merde. Il n’avait pas le temps pour ce genre de chose, la hiérarchie demandait des résultats, de la discrétion. Ce n’était pas le moment de se faire dérober des informations à cause d’une journaliste zélée. Cependant, cette question eue le mérite de lui faire esquisser l’ombre d’un petit sourire qui se partie dans sa barbe.

" L’un n’empêche pas l’autre. "

Se contenta-t-il de répondre d’un ton acide. Nuisible, elle le resterait, du moins pour l’instant, et temps qu’ils auraient cette relation d’inspecteur à journaliste. En tout cas, il devait bien avouer qu’elle avait un certain culot, il n’avait aucun doute sur le fait qu’elle devait faire ce métier depuis déjà quelque temps, donc, que possiblement elle n’était pas à côté de la plaque. À voir, pour le moment, autant la jouer discret, il ne fallait pas qu’elle gagne la moindre information, du moins sans sa présence à lui. Du coin de l’œil, il la regarda poser la carte de visite dans la poche de sa veste. Il nota aussi qu’elle avait un joli sourire, sans doute une des armes principales pour obtenir des informations. Puis elle s’éloigna, rejoignant la prostituée. Elle lui chuchota quelque chose, puis les quitta.

Garrett resta immobile dans un premier temps, ne donnant pas l’ordre au milicien de lâcher la femme, et puis encore, laisser une journaliste donner des ordres, il allait falloir mettre certaines choses au clair, et vite. Il attrapa la petite carte et la regarda. Une adresse, et une heure, il soupira. Pour un premier round, c’est elle qui menait la danse, il devinait d’ailleurs que la prostituée devait avoir rendez-vous dans un hôtel d’un quartier moins mal famé, à une heure comme… vingt heures trente ? Et à part la mettre en cellule, il n’avait pas la possibilité de l’empêcher de s’y rendre. Mais l’inspecteur avec une toute autre idée. D’un geste de la main, il ordonna au milicien de lâcher la coureuse, elle quitta à son tour la scène du crime sans se retourner, allant sans doute rendre compte de tout cela à qui de droit. Remettant la carte dans sa poche, il s’approcha du milicien en question.

" Vous allez la suivre, je veux savoir où elle va et quand, le nom de son maquereau. J’aimerais lui parler seul à seul. J’imagine qu’elles travaillent toute pour le mec type, surtout dans ce genre de quartier, soyez efficace, tant que l’on ne se croise pas vous ne là lâchez pas. "

Deux options, soit le maquereau était dans le coup et c’était une façon de garder certaines filles sous son contrôle, soit il n’allait pas particulièrement aimer que ses putains se fassent éventrer au milieu de la rue. Une petite conversation entre hommes s’imposait, discussion d’un registre très différent de celui qu’il avait eu avec la journaliste.

" Bien Inspecteur. Et vous ? "

" Moi, je vais me préparer pour un rencard. Dès que vous avez le nom du maquereau, faite le moi savoir. "

Rabattant les pans de sa veste, il quitta à son tour les lieux, loin de lui l’idée d’attendre devant l’hôtel comme le dernier des abrutis, il avait… Deux ou trois à faire avant.







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Lauren Hill
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Mer 14 Fév - 8:47
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je ne rentrais pas directement au journal et n’ayant dans tous les cas rien à y faire, je ne m’y rendis pas du tout. Je n’avais rien de plus à annoncer à Wis et mes méthodes étant strictement personnelles, le quotidien ne me fournirait aucune aide. Autant éviter donc, une perte de temps et en parlant, j’en manquais cruellement.

Il me fallait me presser, j’avais bien des détails à régler avant de pouvoir recevoir mes invités pour le moins atypiques. Et je ne parle évidemment pas de faire des courses en vue de leur offrir quelques rafraîchissements. Ils ne venaient pas pour cela, je me fichais totalement de les recevoir comme les convenances l’exigeaient.

Pour la faire parler, je devais faire jouer mes relations et mon argent. Pas seulement, évidemment, même si un porte-feuille garni pouvait être d’une aide remarquable, il ne faisait malheureusement pas tout. Et pour une personne, telle que cette femme-là, mieux valait lui faire comprendre qu’elle avait bien plus à gagner qu’à perdre dans cette histoire.

Je me rendis donc au bureau des postes afin de passer un appel téléphonique de l’une de mes connaissances. Robert Sandford fut l’un des associés de mon père. Ancien avocat donc, Robert était de santé fragile, ce qui l’avait d’ailleurs poussé à prendre sa retraite. Dans le but de changer d’air et de s’éloigner de la capitale, sa femme et lui avaient déménagé dans une confortable villa dans ma ville natale : Laurgal. Ce qui m’intéressait, dans ce cas précis tenait plus à l’activité annexe du couple. Sarah, l’épouse était une ancienne prostituée de luxe, certes, mais qui n’avait jamais supporté sa condition. De part sa nature des plus originale, leur histoire avait grandement fait parlŕ d’elle dans les salons bourgeois. Personnellement, je me fichais des origines de Sarah, ni de comment elle gagnait sa vie dans sa jeunesse, ce n’était pas important. Ni pour moi, ni pour ma famille déjà bien originale pour la classe bourgeoise habituée aux salons et aux histoires plus protocolaires. Sarah, donc, s’était reconvertie à la couture. Elle avait ouvert un atelier où elle recueillait, de temps à autre, des jeunes femmes ayant eut le même parcours qu’elle. Dans son immense générosité, car il s’agissait bien de cela, elle leur offrait également un toit où vivre, un salaire confortable et surtout, une nouvelle identité ce qui assurait à “ses filles” une certaine sécurité et un avenir bien plus joyeux.

Voilà donc ce que je comptais faire miroiter à la prostituée des bas-quartiers : un avenir loin du joug des hommes. Peu d’entre-elle auraient refusé une telle chose, et vu l’allure de celle-ci, son regard effrayé, je doutais fort que ce fut son cas. L’affaire réglée, je me rendis ensuite à la gare. J’y achetais un billet en seconde classe, un aller simple, bien évidemment.

Une fois parée de toutes mes bonnes nouvelles, je m’en retournais à mon hôtel. Je l’avais choisi modeste, comme à mon habitude. Même habituée au luxe de la demeure familiale, je savais me contenter de peu. Je n’avais finalement besoin que d’un lit où dormir et d’une table pour travailler. J’étais habituée à dépenser peu, et la fortune de mon père se lisait plus dans mes manières que dans mes tenues ou mes logements, préférant dépenser mon argent d’une toute autre façon, bien plus utile à mes yeux. Croyez-moi, sa valeur ne m’était pas inconnue, en particulier pour ceux qui en manquait cruellement et qui pouvaient s’avérer utiles.

N’ayant plus rien à faire jusqu’à l’heure fixée, je m’occupais, comme toujours, en travaillant sur mon roman. Cela me permit de laisser le temps s’écouler sans que je n’aie à m’en soucier. Je n’élaborais aucun plan, cela me parut inutile. Ne sachant pas qui arriverait en premier, de l’inspecteur ou de la prostituée, je ne savais guère à quoi m’attendre.

Aussi, à vingt heures vingt-sept, je fus tirée de mes paragraphes et mots par un “toc toc” des plus caractéristiques. Je me rendis jusqu’à la porte, ouvrant le battant sur mes deux invités bien mal assortis. La pauvre femme ne savait plus où se mettre à côté de la brute épaisse se tenant bien droite sur sa canne à se droite.

-Tiens donc, je ne m'étais pas attendue à ça, lançai-je en leur adressant un sourire amusé, bien qu’un peu déçue. Je vous en prie...

Je m’écartais pour les faire entrer. Je débarrassais rapidement la table de ses feuillets éparpillés çà et là sans ordre particulier. Je les plaçais ensuite sur la commode laissant l’espace vierge de toute source de distraction.

- Installez-vous, discuter en restant debout n’est guère agréable. Puis-je vous offrir quelque chose à boire avant de commencer ?

Je n’attendis pas leur réponse pour me servir un verre de whisky, dix-huit ans d’âge, mon préféré. Je ne pris rien pour écrire, cela lui ferait perdre toute confiance. Je reporterai tout plus tard, avec l’aide de l’inspecteur… Restait donc à savoir si la jeune femme, malgré son air mal assuré allait effectivement parler en sa présence. Lui qui ne semblait pas des plus aimable, il fallait bien l’avouer.



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Garrett Catesby
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Mer 14 Fév - 19:19
Irys : 509901
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Il avait passé la journée à se balader, aller de droite à gauche, de connaissance en connaissance dans le but de recueillir toutes sortes d’informations. Il connaissait d’ailleurs en personne en particulier, une petite blondinette que l’on nommait « la siffleuse ». Petit surtout que certains avaient fini par lui attribuer, car elle avait un léger cheveu sur la langue. Anna de son prénom, était une jeune femme tout à fait honnête, plus une connaissance qu’une amie, elle était le genre de femme à tout voir et tout entendre, dans certains quartiers de la capitale, rien ne pouvait se passer sans qu’elle soit au courant. À vrai dire Garrett n’aimait pas lui rendre visite, la siffleuse, bien que gentille, avait parfois quelques sauts d’humeur, passant d’une émotion à l’autre. Des fois, tout allait pour le mieux, et d’autre fois, celle-ci se souvenait que l’inspecteur avait tué son frère dans un échange de coup de feu. Il se doutait que la siffleuse devait être au courant pour ces deux meurtres, peut-être même connaître l’auteur, ce qui aurait pu être perçu comme une bonne nouvelle. Malheureusement, il n’en était rien, premièrement, une bonne partie de leur conversation avait concerné son défunt frère, en règle générale, Garrett était du genre à répondre toujours la même chose : « Ton frère n’était qu’une raclure, c’était lui ou moi. »

S’en suivait tout un cinéma de nostalgie de leur enfance, les parties de cache-cache, les fois où son grand frère la protégeait du monde extérieur et toutes sortes d’histoires à dormir debout qui avait le don de l’énerver au plus haut point. Puis, un déclic se faisait, plus de nostalgie, et elle changeait totalement de sujet pour lui répondre.

Finalement, la siffleuse était bien au courant de tout ce qu’il s’était passé jusqu’à présent, le premier meurtre, le seconde. L’hypothèse que le meurtrier ai une dent contre les prostituées, elle savait même pour la jolie journaliste et la carte dans sa poche. L’inspecteur avait même fini par se demander si elle ne possédait pas des oreilles attentives au sein même des forces de l’ordre. Lorsqu’il en aurait l’occasion, il comptait bien mener sa petite croisade personnelle pour s’occuper de ces oreilles indiscrètes.

Après cette petite entrevue, il ne lui restait plus qu’à se rendre à l’hôtel, il allait être un peu en avance, suffisamment pour croiser le milicien et la prostituée.

Devant l’hôtel, il n’attendit pas longtemps, une dizaine de minutes tout au plus, c’est le milicien qui l’accosta. Leurs regards étaient fixés sur la lente progression de la prostituée qui jetait bon nombre de coups d’œil furtif derrière elle pour être sûre de ne pas être suivit. L’homme commença alors son rapport, expliquant tout ce qu’il avait appris en la suivant.

" Une dizaine de clients dans la journée, et elle est allée voir son patron, un certain « Yoren », apparemment il tient un établissement de nuit dans les bas quartiers, au… "

" Je connais, excellent travail. "

" Et votre rencard ? "

" De ce pas. "

Hochant la tête, l’inspecteur traversa l’avenue, se retrouvant alors juste derrière la prostituée. Une dizaine de pas et il l’avait rejoint, en l’apercevant juste derrière elle, elle avait un petit sursaut, puis elle comprit qu’elle n’avait rien à craindre, enfin, elle gardait tout de même une mine assez inquiète. Continuant de la suivre, ils empruntèrent les escaliers, rejoignant le deuxième étage avant de se planter devant une porte. Elle ne lui avait toujours pas adressé un seul mot, à noter qu’il n’en avait strictement rien à faire. Il venait seulement là pour être sûr qu’aucune info de lui échappe, le social, la pitié, ça, c’était l’affaire de la journaliste.

La brunette ouvrit la porte, les invitants à entrer dans la chambre. Celle-ci était somme toute bien meublée, il ne s’agissait certes pas d’une chambre de luxe, mais ce n’était pas non plus il chambre miteuse avec des cafards et des trous dans le matelas. Habitué à un niveau de civisme, Garrett retira son chapeau en pénétrant dans la chambre. Acceptant l’invitation de la journaliste, il tira une chaise afin de s’asseoir. Il s’était volontairement reculé plus que nécessaire, afin de donner l’impression de se mettre à l’écart, ne comptant pas vraiment intervenir, du moins tant qu’il ne jugeait pas la chose nécessaire. La coureuse sembla hésiter quelques secondes avant de tirer à son tour une chaise, et de la positionner aussi loin que possible de l’inspecteur, elle avait soi-disant connu pire, mais visiblement elle avait plus peur de lui que la journaliste. Poussant légèrement les plans de sa veste en arrière, il laissa apparaître la crosse de son revolver, une énième façon de montrer qu’il n’était pas venu ici pour rigoler, et que lui voulait des réponses, de vrais réponses. Il comptait utiliser les informations qu’il avait à son avantage, connaissant à présent l’identité de maquereaux, il était simple d’utiliser cet argument, en bien, comme en mal.

" Allez-y, j’observe vos méthodes. "




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Lauren Hill
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Jeu 15 Fév - 15:36
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
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Mon verre à la main, je les observais prendre place, chacun leur tour avisant soigneusement leur position afin de choisir la mienne. Je m’installai volontairement face à l’inspecteur, place stratégique qui pousserait la femme à tourner la tête pour me parler et ainsi éviter ses regards à lui qui ne prêtaient guère à la confidence. Mes yeux passèrent délibérément de la crosse de son arme à ses yeux bruns. Haussant légèrement les sourcils, je lui montrais mon désaccord quant à sa tentative d’intimidation à peine voilée… Et qui fonctionnait à merveille en notant l’attitude de la prostituée. Quel crétin..

- Mes méthodes, inspecteur, vont exiger de vous votre collaboration et surtout votre silence. Du moins, si vous, vous sentez capable de ne pas tenter de me marcher dessus à la moindre occasion comme vous semblez y prendre plaisir, rétorquai-je d’un ton volontairement provocateur avant de me retourner vers la prostituée qui semblait bien mal assurée.

Cela commençait mal, la pauvre femme avait pris certains risques en venant ici, et lui, sombre idiot de milicien, s’amusait à lui faire peur. Débrouille-toi avec ça, Lauren.

-Merci d’être venue,lui dis-je en lui offrant un sourire qui se voulait rassurant. J’ai bien conscience que vous retrouvez là ne doit pas être facile pour vous, après tout, vous encourez quelques risques auprès de l’homme qui vous emploie, je me trompe ? Mademoiselle ?

Lui rappeler sa position était volontaire, une tentative d’intimidation bien particulière, me plaçant de manière intentionnelle en sauveuse, tout du moins à ses yeux. La technique était bien simple en réalité, effrayer pour rassurer ensuite. Je devais la pousser à me voir comme une bienfaitrice, venue pour écouter ses malheurs, obtenir quelques confidences de sa part. J’évitais généralement d’utiliser pareilles méthodes, les trouvant trop vicieuses. De la manipulation pure et simple. Mais la faim justifiant les moyens, je ne pouvais me permettre de m’embarrasser de quelques détails superflus, en particulier lorsqu’il s’agissait d’assassinat.

- Gisèle,répondit-elle simplement en jetant un regard inquiet à l’inspecteur. Seulement Gisèle...

-Enchantée Gisèle, je me nomme Lauren Hill, je suis journaliste à “La Tribune”. Rassurez-vous, je ne vous ai pas fait venir pour écrire un article, voyez, je n’ai absolument rien pour écrire. Je veux simplement comprendre pourquoi vous me semblez si effrayée, Gisèle. Vous avez peur n’est-ce pas?

Elle hocha vivement la tête, approuvant ainsi mes dires. Jusque-là, c’était plutôt facile, cette femme empestait la peur à plein nez, n’importe quel idiot aurait pu le voir, mais le but était bien de commencer par quelque chose d’évident.

- Ce n’est pas l’inspecteur qui vous effraie.

Elle secoua la tête, tout aussi vivement.

-Votre patron peut-être ? fis-je mine de supposer tout en sachant que ce n’était nullement le cas. Toutefois, je poursuivis rapidement ne lui laissant pas le temps de me répondre, son regard venait de s’abaisser sur ses mains, je touchais au but. Un client ? Un homme étrange et particulièrement violent ?

Son regard passa vivement de ses mains à mes yeux avant de se rabaisser à nouveau. Néanmoins, ce n’était qu’une partie de la réponse, cela ne suffisait pas. Je devais dévier un peu du sujet afin d’y revenir plus tard, sans quoi elle se braquerait et ne m’apporterait rien de plus, et ce, malgré toutes les récompenses qui l’attendait et dont elle ne savait rien.

- Cette femme dans la ruelle, vous la connaissiez n’est-ce pas?


- Tout le monde connaissait Margaux, ça f’sait longtemps qu’elle f’sait le tapin dans l’coin.

Une phrase complète, voilà qui était mieux, bien mieux.

- J’ai vu votre regard ce matin, sur la scène de crime. Il y avait de la peur, certes, mais aussi beaucoup de tristesse. Vous la connaissiez bien mieux que ce que vous voulez me dire.

Elle soupira. J'avais raison.

-On vient du même bordel. On partageait la même piaule, parfois même des clients. Ça créer des liens.

-C’est avec un client qu’elle se trouvait hier soir? L’avez-vous partagé celui-ci? répliquai-je en souriant tandis qu’elle me dévisageait perplexe.

-Oui...répondit-elle simplement.

D’accord, c’était le moment. Les informations se trouvaient bien là, ne demandant qu’à sortir. Le bon point, dans l’immédiat, venait du fait qu’à aucun moment Gisèle n’avait cherché à me mentir. Je devais absolument l’amadouer, la rassurer. Je me relevais donc avant de me diriger vers ma commode. Je me saisis de l’enveloppe puis m’en retournais m’asseoir à ma place. Poussant doucement le pli jusqu’à elle, je lui dis:

- Vous n’êtes pas la première femme dans votre positon que je rencontre, Gisèle. Je sais que vous vivait dans la crainte, en permanence. Les hommes vous maltraitent, se servent de vous… De votre corps. Vous ne savez pas si vous vivrez un jour de plus, n’est-cepas ?

Elle opina. Encore raison. Facile, n'importe qui savait ça, mais le lui dire, lui montrer que je pouvais comprendre, renforçait autant mes paroles que ma position.

- Mais c’est pire en ce moment? Vous craignez toutes pour votre vie ?

Encore…

- Je vois, soupirai-je avant de tapoter sur l’enveloppe devant elle.
Ici, se trouve votre avenir. Vous y trouverez l’assurance qu’aucun homme ne vous touchera sans votre accord. Ici, se trouve un billet de train, une adresse où vous êtes attendu par quelqu’un qui fut jadis dans votre situation et qui aide à présent les jeunes femmes comme vous à reprendre leur vie en main. Vous y trouverez la paix, un travail honnête et des gens bien qui veillerons sur vous aussi longtemps que vous le désirez. Je vous promets la sécurité Gisèle...

Je la laissais digérer la nouvelle, portant mon verre à mes lèvres tout en observant l’inspecteur assis face à moi. Il avait tenu sa langue jusque-là. A voir si cela allait durer.

-Ça doit faire un mois qu’il vient chez nous,commença-t-elle sans pour autant quitter l’enveloppe des yeux.On ne connaît ni son nom, ni son visage. Il paye bien, alors Yoren s’en fout. Il a le droit de nous faire ce qu’il veut, tant qu’il ne touche pas le visage. Quand Sandra est morte, il a versé une importante somme d’argent à Yoren, il en a rien à faire de nous, on est juste un tas de bout de chair qu’il loue au plus offrant. Puis y’a eut Margaux… Mais ça devait être moi hier soir, il m’avait demandé. Comme j’avais peur, elle s’est porté volontaire.

Triste histoire…Néanmoins, elle ne nous apportait rien de particulier.

- Cet homme, vous dites ne rien savoir de lui, toutefois il y a peut-être un détail qui pourrait être utile. Une cicatrice, un vêtement, une démarche, n’importe quoi.

Elle sembla réfléchir, ou se perdre totalement dans ses pensées. J’attendais patiemment, il ne fallait pas la brusquer sans quoi elle se renfrognerait.

-Il était toujours habillé en noir, plutôt propret, un mouchoir rouge plié dans son veston. J’men souviens parce que je me demandais toujours si c’était la couleur du tissus ou si c’était dû au sang de ses victimes… Il tirait un peu de la jambe gauche aussi.

- Je vois…murmurai-je en observant longuement l’inspecteur, tout en réfléchissant à ma prochaine question. À quelle fréquence venait-il au bordel?

-Tous les deux jours... Toujours très tard.

Je me redressais légèrement sur ma chaise, invitant le chacal à sortir d’un geste de tête.

-Le billet n’est pas daté, vous pourrez partir lorsque l’inspecteur vous donnera son accord. En attendant, je peux vous louer une chambre dans l’hôtel, si vous le désirez.

Je me levais, en direction de la porte, m’assurant que l’inspecteur avait bien saisit l’invitation à me suivre. Une fois dans le couloir, je refermais la porte tout en croisant les bras, je plongeai mon regard fier dans le sien.

- Je suis à cours de question, y aurait-il autre chose que vous désiriez savoir inspecteur ?



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Garrett Catesby
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Jeu 15 Fév - 20:52
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Visiblement, il s’agissait d’un jour où Garrett allait devoir se taire, regarder et bien entendu noter tout ce qu’il entendait. Pas besoin de crayon et de papier, son esprit enregistrait tout ce qui devait l’être. Bien qu’il avait déjà quelques éléments, comme le nom et l’adresse du patron, qu’il comptait aller voir, ne serait-ce que pour… Avoir d’autres informations.
Lauren Hill… Il avait l’impression de connaître ce nom, l’avoir déjà lu sur un bout de papier ou quelque chose de ce style, mais impossible de se souvenir quand, et pourquoi. De son point de vue, Garrett n’aimait pas vraiment la méthode de la jeune femme, ce n’était que… Manipulation. Faire semblant de s’intéresser à sa vie, jouer les hypocrites pour se la mettre dans la poche, c’était sans doute ça le boulot de journaliste, se donner le bon rôle pour avoir des informations.

L’inspecteur lui ne faisait pas semblant, à vrai dire, il se fichait bien de la vie de la prostituée, comme d’habitude, il devait s’agir d’une femme au destin tragique, n’ayant pas d’autre choix que vendre son corps en étant au service d’un parfait salopard. Les premières réponses ne le surprirent pas, il était évident qu’elle ne le craignait pas lui, ni son patron, elle devait craindre l’auteur des meurtres, elle devait donc avoir une idée de qui il s’agissait. Il allait falloir interroger le patron sur ce sujet aussi, mais sûrement pas en faisant semblant d’avoir pitié de lui, de s’intéresser à sa petite existence minable de maquereau et de raclure de bidet.

Donc la deuxième victime se nommait Margaux. Et, comme pour faire plaisir à Garrett, ce dénommé Yoren laissait n’importe qu’il maltraiter les prostituées à condition de ne pas toucher le visage et de payer, niveau mœurs de maquereau, l’inspecteur avait déjà vu mieux. Il se souviendrait de cette information au moment de lui parler. Les soupçons reposaient donc sur un mystérieux client, que Yoren devait obligatoirement connaître vu qu’il recevait les paiements en échange de quelques maltraitances… Garrett savait dès à présent a qu’elle porte taper, sans dire que vu l’heure, il savait le tapin ouvert. Comprenant l’invitation a se lever, il se redressa, suivant la journaliste jusqu’à la porte. À présent, il fallait donc chercher un boiteux avec mouchoir rouge plié. Puis se fut à son tour de poser les questions, bien qu’il n’en avait pas beaucoup, mais face à elle dans le couloir de l'hôtel, il allait difficilement trouver des réponses.

" J'ai quelques questions en effet, merci de demander. "

Dit-il en poussant la porte pour re-rentrer dans la chambre, cette fois il ne s'assit pas, rester debout près de la femme.

" Ce client, j’imagine que Yoren le connaît ? Vu qu’il encaisse l’argent. "

" Je… Je pense, mais je n’en suis pas certaine… "

" Vous savez si ce client a pour habitude d’emmener les filles faire une petite balade nocturne ? Les corps ne sont pas déplacés, elles sont donc tuées sur place. "

" Je… Après qu’il ait tiré son coup, il… Enfin, il parait qu’il aime faire une petite balade, profiter de l’air frais de la soirée… Une tentative romantique. "

Donc il ne s’agissait de meurtre sur un coup de tête, tout devait préméditer, à moins que le tueur essayait de reproduire quelque chose l’ayant traumatisé… Peut-être emmenait-il les filles se promener pour… Leur demander une union ? Obtenant un non pour réponse, peut-être, perdait-il le contrôle et les tuait… Beaucoup d’hypothèses s’entrechoquaient dans l’esprit de l’inspecteur. Il y avait encore trop de choses possible pour qu’il puisse comprendre le raisonnement du tueur, il manquait d’élément, élément qu’il comptait obtenir auprès de Yoren. Il jeta un dernier regard à la prostituée, hochant la tête vers le billet qu’elle tenait en main.

" Je ne peux que vous conseiller de partir, je crains que votre patron n’apprécie pas que vous dénonciez les bons clients. "

" Vous ne comptez pas aller le... "

" De ce pas. "

Affichant une mine inquiète, elle baissa la tête, regardant son billet avant de se redresser pour se diriger vers la porte. Remettant son chapeau, Garrett plongeant à son tour son regard dans celui de la journaliste, il aimait cette petite lueur de fierté qu’elle avait dans le fond des yeux, et ce sentiment d’avoir un coup d’avance, de l’avoir coiffé au poteau.

" Il se fait tard pour vous, j’imagine, je ne vous propose donc pas de me suivre chez ce dénommé Yoren ? "

Oui, c’était une invitation, et puis… Proposer ainsi, la curiosité prenant le dessus, il se doutait bien qu’elle ne pourrait pas refuser, ne serait-ce que pour en apprendre plus sur cette affaire. À son tour d’avoir un coup d’avance.




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Lauren Hill
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Ven 16 Fév - 20:14
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Plutôt satisfaite du résultat de l’interrogatoire à la façon Hill, comme dirait mon père, j’écoutais la suite en silence. Debout dans l’entrée, les bras croisés, j’observais la scène tout en veillant à maintenir une certaine distance ainsi que mon masque impassible parfaitement en place.

J’avais pour habitude de ne pas réellement montrer mes émotions, le “masque du journaliste”, comme on aimait l’appeler dans le métier. Devoir garder son avis personnel pour soi en permanence, ou presque, cela avait le don de laisser quelques marques. Des habitudes, prises, en sommes, depuis bien longtemps. Aussi, de mon ressenti concernant cette histoire des plus sordide, rien ne parut sur mon visage.

Et pourtant. Je me sentais réellement touchée par sa condition, sa vie, sa peur permanente. Je connaissais ma chance d’être née dans une famille comme la mienne où les revenus plus que conséquents de nos parents, nous avaient tenu à l’abri, ma sœur et moi. Même si je me refusais de vivre la vie qu’ils avaient imaginés pour moi, je ne me permettrais pas pour autant de les rejeter eux. Cette chance, croyez-moi, j’en avais conscience et j’étais en un sens soulagée que cette pauvre femme puisse débuter une nouvelle vie, ailleurs, avec des personnes réellement bienveillantes.

Chacun notre tour, nous avions réussi à obtenir quelques informations plus qu’utiles à l’avancement de l’enquête de l’inspecteur, ce qui constituait une réelle avancée.

Restait toujours à découvrir l’identité de ce tueur au mouchoir rouge. Peut-être obtiendrai-je d’autres informations le concernant auprès de mes connaissances, maintenant que je savais “qui” rechercher… Ou voir avec le journal si cet homme ai pu apparaître ailleurs avant cet épisode… Le début de la piste nous menait vers le proxénète, un parfait salaud, d’après ce que je crus comprendre. Bon d’accord, ils le sont tous, un maquereau doux et protecteur avec ses filles, en particulier dans les bas-quartiers, cela ne devait certainement pas exister… Mais celui-là…

J’avisais le regard de l’inspecteur, froid, calculateur... Visiblement, celui-ci avait une idée en tête concernant ce fameux proxénète. Cela ne m’étonna pas, pas vraiment en tout cas, j’avais moi-même maintes idées le concernant justement et ces dernières n’étaient nullement en rapport avec mon métier.

La conversation terminée, j'accompagnais Gisèle jusqu’à la porte tout en lui adressant un sourire amical avant de m’en retourner vers Catesby. Sa proposition, à peine masquée, me surprit. Le détective aurait-il changé d’avis me concernant.

-Serait-ce une invitation inspecteur ? demandai-je , souriante, en connaissant d’avance la réponse. Je vous suis, évidemment, laissez-moi juste le temps d’enfiler mon manteau...

Je m’exécutais donc, avec un empressement mesuré, toutefois. Évidemment, je voulais en apprendre plus sur cette affaire, néanmoins, bien que dotée d’une curiosité débordante, je n’étais certainement pas dépourvu de raison. Je gardais donc une certaine méfiance envers cet homme bien trop mystérieux à mon goût. On le disait colérique, violent… Mais entre les on dit et la vérité pure et simple, il existait également une frontière… Et dans un sens, j’étais toute aussi curieuse de découvrir la suite du déroulement de l’enquête, comme d’en apprendre plus sur ce fameux inspecteur. Cette invitation se trouvait donc être une véritable aubaine pour moi.

Une fois parée de mes vêtements chaud, je retrouvais Catesby dans le couloir. Après avoir emprunté les escaliers, traversés le hall de l’hôtel sous le regard curieux du réceptionniste, nous arrivâmes enfin à l’extérieur. Le tout dans un parfait silence nullement dérangeant. Après avoir emprunté les escaliers, traversés le hall de l’hôtel sous le regard curieux du réceptionniste, nous arrivâmes enfin à l’extérieur. Toutefois, je grelottais sous mon manteau tout en repensant à une certaine escapade au nord de Vereist… Étrangement, la sensation de froid intense disparut aussitôt… Les joies du cerveau humain…

-Je suis curieuse, cependant… Que comptez-vous faire exactement ?



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Garrett Catesby
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Ven 16 Fév - 22:40
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La question était purement rhétorique, du moins c’est ce qu’il imaginait. Il suffisait de voir la tête de l'inspecteur pour comprendre que s’il ne désiré pas être suivit, il se serait contenté de partir en silence. Pour le moment, il la considérait toujours comme un élément gênant, une foutue journaliste, mais plus il pourrait être en sa compagnie, plus il pourrait contrôler le flot d’informations qu’elle pouvait ou non divulguer à son journal. Ne comptant nullement rester planté dans la chambre à attendre qu’elle s’habille chaudement pour sortir, il se dirigea à son tour vers la porte, attendant la journaliste dans le couloir. Elle arriva rapidement d’ailleurs, tout juste une minute, peut-être deux.

Dehors, un petit vent frais s’était levé, du genre à traverser les couches de vêtement tout en remontant le long de l’échine pour vous glacer le sang. Garrett referma légèrement les pans de son manteau, puis remonta son col tout en continuant à marcher. Ils avaient devant eux plusieurs minutes de marche, et largement le temps d’échanger quelques paroles, même si ce n’était pas vraiment l’objectif de l’inspecteur. À sa question, il haussa un sourcil, elle ne pouvait s’en apercevoir d’ailleurs.

" Lui parler, puis le faire parler. "

Autrement dit, l’interroger sur ce client au mouchoir rouge, puis sur tout ce qui pouvait semblait utile à l'avancée de son enquête. Comme par exemple le fait que celui-ci ne semblait pas bien inquiet de fait de voir ses filles se faire tuer dans la rue, qui plus est, après avoir passé la soirée avec le même type. Pour lui, il y avait encore des zones d’ombre dans cette histoire, zones qu’il comptait bien éclaircir. De toute la marche, il resta silencieux, préférant ne pas entrer dans les détails concernant le futur interrogatoire. Celui-ci n'allait pas se faire dans les règles de l’art d'ailleurs, le respect de l’individu, les droits… Ce genre de choses, les types comme lui n’y méritait nullement. Il était connu que l’inspecteur dispensait la justice selon son bon sens à lui, sans vraiment prendre note des avertissements ou des conseils des autres.

Ils arrivèrent enfin devant l’établissement de Yoren une dizaine de minutes plus tard, le vent soufflait un peu plus fort, toujours aussi glaçant. Arrivant devant la lourde porte, l’inspecteur posa son regard quelques instants sur la journaliste.

" Essayer d’être discrète, les femmes habillées correctement sont plutôt rares ici, non pas que j’y suis habitué, mais je préfère vous prévenir. "

Il s’agissait plus d’un avertissement concernant l’attitude possible de certains hommes, dans un bordel, un peu ivre, n’importe quel type pourrait avoir l’audace de taper sur les fesses de la journaliste, la prenant pour une des autres filles. Bien que ne connaissant nullement la position de la journaliste sur l'image de la femme dans la société, il se disait qu'elle n'aimerait peut-être pas croiser trop de poitrine dans la soirée. Garrett poussa la porte, et pénétra dans le salon principal de l’établissement, une forte odeur lui pris les narines, une odeur qu’il aurait préféré ne pas reconnaître d’ailleurs. Mélange de tabac froid, transpiration et… Bref. Loin d’être un établissement de luxe, les employées tenaient plus de la vachère que de la courtisane distinguée. L’inspecteur fit tout juste un pas que déjà l'une d'elle s’approcha, sortant d'une petite pièce latérale avec un fin rideau en guise de porte. Vu la transparence du rideau, ne rien mettre n'aurait pas changé grand chose en y repensant.

" La même chose que d’habitude mon mignon ? "

Hein ? Mon mignon ? Elle se moquait de lui ou elle cherchait à l’énerver ? Il fronça dangereusement les sourcils tout en s’approchant d’elle.

" Oh je… Pardon je vous avez confondu avec un autre… C’est le manteau… Je… Madame, est-elle de la partie ? À plusieurs alors ? "

" Non. Je cherche Yoren. "

" Monsieur Yoren ne reçoit personne ce soir. "

Une fois encore, Garrett fit un pas de plus vers la jeune femme, baissant légèrement la tête pour la regarder, dans les yeux. Il se répéta, craignant qu’elle est tout simplement mal compris ça requête.

" Yoren. "

" Dans… Dans son.. Bureau, derrière... "

Reculant un peu, l’inspecteur inclina doucement la tête en guise de remerciement, invitant du regard la journaliste à le suivre. Tout juste quelques secondes qu’il était ici, et il avait déjà envie de sortir. Il n'aimait pas l'atmosphère du lieu, il fallait sûrement être des plus déprimés pour vouloir venir accomplir des besoins primaires ici. D’un pas rapide, il se dirigea vers l’arrière du salon, tombant nez à nez sur une porte en bois noir. Celle-ci était finement gravée et semblait… Bien différente du reste de l'établissement, à croire qu’elle avait était posée là par hasard comme on ne ferait avec un miroir. Poussant celle-ci, l’inspecteur se retrouva face à la courbe d’un fessier, et d’un Yoren vraisemblablement enjoué par l’idée de l’explorer. L’homme releva légèrement la tête, croisant le regard de l’inspecteur, et probablement celui de la journaliste, il se redressa légèrement, remontant son pantalon à la va-vite.

" L’inspecteur Garrett Catesby en personne, dans mon établissement ! Quel honneur ! Dis, ma mignonne, tu veux me faire plaisir ? Casse-toi. "

Dit-il en tapant sur les fesses de la jeune femme. Elle se leva du bureau, puis se dirigea vers les deux nouveaux arrivants, la porte était la seule entrée, Garrett s’écarta pour la laisser passer, puis referma le battant derrière elle. Yoren reposa son séant dans son fauteuil, allumant un cigare qu'il venait de sortir d'un petit tiroir caché.

" Alors ? Que me vaut l’honneur ? "

" J’ai des questions à te poser. "

" Et vous avez bien entendu les autorisations nécessaires pour venir chez moi à une heure pareille et me déranger pendant que je… Passe le temps en charmante compagnie mh ? "

Garrett ne répondit pas, posant la main au niveau de la serrure de la porte, il tira le verrou, bloquant celle-ci jusqu’à nouvel ordre.




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Lauren Hill
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Sam 17 Fév - 11:22
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D’accord… Je commençais sérieusement à me demander ce que je fichais là. À sa façon de me répondre, je compris qu’il n’avait nullement besoin de moi, j’avais fais ma part, ce que j’avais promis, après tout. Il ne m’en dit pas plus, le trajet se faisant dans le plus grand silence. Plus nous approchions des bas-quartiers, plus je sentais la pression en moi monter. Je n’aimais déjà pas m’y promener de jour, mais de nuit c’était bien pire. Les regards se posaient sur nous, curieux ou mal intentionnés, dans cette obscurité semi persistante j’étais bien incapable de le deviner. Autant dire, qu’ainsi privée de mes sens, je ne me sentais pas en sécurité et ce n’était pas la présence de mon étrange compagnon qui allait changer cela. Il ne faisait d’ailleurs aucun effort pour me rassurer, marchant au contraire devant moi sans jamais me porter le moindre regard. Non pas que cela m’eut étonné venant de lui, mais tout de même!

Les bas-quartiers alexandriens, comme tant d’autres, étaient composés d’une myriade de ruelles étroites parfois entrecoupées de place de tailles mineure où se tenaient quelques étals en journée. De nuit, celles-ci regorgeaient d’une population nocturne, empestant l’alcool nous portant quelques regards éteints foncièrement inquiétant. Je veillais à ne pas leur porter d’attention par crainte de leur offrir une ouverture bien involontaire. De ce fait, chose peu commune me connaissant, je marchais tête basse, de peur de croiser l’un de ces regards.

Au bout d’un certain temps, qui fut, de mon point de vue, interminable, nous arrivâmes devant une bâtisse qui me semblait plus délabrée encore que celles situées tout autour. Je trouvais bien évidemment cela étrange venant d’un bordel qui devait pourtant brasser de l’argent, tout du moins bien assez pour entretenir le bâtiment…

J’hésitais à entrer, me demandant si la population à l’intérieur n’était pas pire que celle attendant dehors… Et ce, malgré le froid particulièrement piquant venant du vent qui s’engouffrait dans les ruelles, venant siffler jusque dans nos oreilles. Toutefois, l’inspecteur ne me laissa guère le temps d'hésiter et pénétra à l’intérieur.

J'accueillais son “conseil” avec un rictus narquois et un haussement de sourcils sans équivoque. Évidemment que je serais discrète! Vous avez vu les lieux? Je ne suis ni folle, ni stupide! songeai-je.

Pensait-il réellement que j’allais jouer à “coucou regardez-moi” dans un lieu pareil ? D’ailleurs en parlant du lieu… Je ne suis pas prude et il en faut pour le choquer… Mais là… C’était franchement douteux. Je vous passerais la description de l’intérieur, la tapisserie usée, décollée à maints endroits…et tout aussi tachée. Je ne vous décrirais pas l’odeur persistante qui me donnait des haut-le-cœur, ni même les ébats nullement dissimulés qui se déroulaient sans gêne çà et là. Je me contentais d’observer le dos imposant de mon accompagnateur acariâtre plutôt que de tomber sur une vision dont je me serais passée.

Je manquais d’ailleurs de me prendre ce fameux dos en pleine face tant il s’arrêta brusquement pour discuter avec une jeune femme aux allures allant parfaitement avec le décor. Un habitué l’inspecteur ? J’en fus presque déçue, j’aurai pensé qu’il avait de meilleurs goûts. Beurk. Toutefois, je n’en montrait rien, jouant le jeu du “j’ai rien vu, rien entendu”... Quoique, j’eus quand même du mal à masquer mon rictus purement moqueur.

Je le laissais donc “négocier” avec la jeune femme, notant toutefois sa façon d’agir, jouant sur sa posture imposante sur la pauvre fille qui ne devait plus savoir où elle se trouvait. Je ne pus donc retenir une remarque qui se voulait piquante.

- Et bien quoi, inspecteur? Vous devriez savoir où se trouve le maître des lieux… depuis le temps.

L’intimidation n’était certainement pas la manière d’agir que je préférais. Et pas seulement parce que cela ne fonctionnait pas avec moi… Quoique… Je devrais essayer un jour avec ma taille ridicule… Pas sûre du résultat, mais sait-on jamais. Bref, je le suivit donc dans le fameux bureau où nous attendait une nouvelle scène dégoûtante… Ne pouvait-il pas simplement faire sa compta au lieu de nous offrir une vue plongeante sur ses parties ? A croire que c’était fait exprès.

Je me plaçais dans un coin, me faisant aussi discrète que possible, tout en observant la scène d’un œil distrait. Tandis que les deux s’échangeaient des salutations ressemblant à “Je suis plus fort que toi”, pour ne pas citer un autre jeu auquel les hommes aiment d’ordinaire s’adonner, je parcourais la pièce du regard.

Le bureau de Yoren semblait nettement plus présentable que le reste de l’établissement. L’homme ne semblait rien se refuser, bois précieux, tapisserie neuve et claquante, tapis coloré… Étonnant. Je doutais toutefois que celui-ci ne garde de dossier concernant ses clients… et même qu’il sache tout simplement lire. Cela aurait été trop beau…

Puis un cliquetis caractéristique perça le silence… L’inspecteur venait de bloquer la porte, ce qui ne présageait, à mon sens, rien de bon… Je lui lançais un regard noir, me demandant clairement ce qu’il comptait faire.

-Inspecteur? Est-ce réellement nécessaire ? demandai-je d’un ton froid.

- Ah Ah Ah, gloussa le proxénète entre deux bouffées de son cigare. Écoutez donc votre p’tite dame, Chacal, on peut très bien discuter entre personnes civilisées. Pas besoin d’en arriver à quelques pratiques que vous finirez par regretter.

- Monsieur, je ne saurais trop vous conseiller de vous taire entre les questions et de vous contenter d’y répondre.

- Une belle bouche qui cause bien… Dommage, il y aurait tant de meilleures choses à en faire… railla-il en me faisant un clin d’œil purement dégoûtant.

Ce à quoi je répondis par un sourire carnassier avant de poursuivre.

- Je vous déconseille de continuer sur votre lancée, Yoren. L’on dit de moi que j’ai du mordant et que je ne lâche pas facilement l’affaire, vous le regretteriez, croyez-moi. Fermez donc votre claquet avant d’y être forcé.

A mon tour, je lui adressais un clin d’œil narquois. Pensait-il vraiment que j’allais me laisser marcher sur les pieds par une raclure pareille ? J’en avais vu d’autres, il ne m’impressionnait pas.

- Ahahah, s’esclaffa-t-il avant de s’étouffer pathétiquement avec la fumée grasse de son cigare. C’est qu’elle a du répondant la p’tite, j’l’aime bien, même si je ne permettrais certainement pas ça de l’une de mes filles. J’vous souhaite beaucoup de courage pour la dresser celle-là, quelque chose me dit que c’ne sera pas une mince affaire. Allez, allez, dites-moi donc c’que j’peux faire pour vous inspecteur.





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Garrett Catesby
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Sam 17 Fév - 12:06
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Profession : Inspecteur borderline
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Depuis le temps ? Et voilà qu’elle allait croire qui mettait souvent les pieds ici. On venait de le confondre avec un énième tordu venu faire quelques passes dans ce coin douteux, et voilà qu’elle venait de lui coller l’étiquette « Habitué ».

" Depuis le temps ? Si vous pensez que je fréquente ce genre d’endroit, c’est raté. "

Côté relationnel avec la gent féminine, et bien l’inspecteur n’avait jamais vraiment fait d’effort. Déjà, son attitude, tout comme le reste de sa personne ne donnait pas forcément envie d’en apprendre plus. Loin d’être le charmant type qu’on avait envie de connaître, lui était plutôt le connard que l’on souhaitait à tout prix éviter. Il avait confiance de cela, de l’image qu’il renvoyait à ceux qui tentaient de le côtoyer, mais il s’en foutait. Il avait déjà croisé de jeunes femmes charmante, la journaliste en était une d’ailleurs, loin d’être laide elle avait un joli minois qui devait offrir certaines facilités. Enfin, il n’était pas là pour lui faire des éloges.

Garrett avait déjà entendu parler de ce Yoren par le passé, plus d’une fois même. L’on racontait que c’était un parfait salopard, du genre à maltraiter ses filles, avoir des mœurs plus que de douteuse et ainsi de suite… Mais comme dans la majorité des cas en matière de justice, avec la peur qu’il inspirait vis a vis de ses employées, aucune n’aurait osé témoigner, même si on leur promettait une protection. L’inspecteur détestait ce genre de pourri qui par leur influence ne craignait rien… Tout comme les gens de la haute sphère, petite comme grande raclure, l’influence était toujours là pour les protéger.

Le bruit du verrou avait attiré l’attention de la journaliste qui ne manqua pas de réagir au quart de tour. À vrai dire, l’inspecteur ne souhaitait nullement voir une autre putain débarquée, voir même un gorille, car oui, que serait un maquereau sans son gorille personnel ? D’ailleurs, il n’était pas dans la pièce, peut-être qu’il faisait le tour du quartier… Et puis cela signifiait que personne ne sortirait du bureau en courant. Il se contenta d’un regard pour répondre à la jeune femme, laissant présager que oui, la chose était nécessaire, puis il se retourna enfin lorsque que leur petite joute verbale fut terminée.

" Mais nous discutons entre personnes civilisées, madame et moi. Non pas que je remets en doute t'as civilité, je nie son existence. "

Il fit quelques pas en direction du bureau, notant qu’étrangement, l’homme gardait en permanence une main sous le bureau, l’autre tenait le cigare et essuyait les filets de bave qu’il crachait en toussant.

" Comme je suis « civilisé ». Je vais te demander de poser l’arme que tu as dans la main bien en évidence sur le bureau. "

Yoren écarquilla les yeux quelques instants, mais il ne bougea pas, du moins dans les premières secondes. Se raclant la gorge bruyamment, il sortit enfin la main de sous le bureau, posant alors un petit revolver de poche devant lui.

" Faut bien que je protège ma personne non ? "

Dit-il en lâchant un nouveau nuage de fumée. L’odeur du tabac avait d’ailleurs empli la pièce, du bon tabac d’ailleurs, rien à voir avec l’herbe mouillée qu’il avait pu sentir de le salon. Garrett tourna légèrement la tête, jetant un petit regard à la journaliste. Yoren n’avait rien du type honnête, et il espérait qu’elle le comprenne et qu’elle enregistre bien cette information.

" Ça ne te dérange pas que quelqu’un tue tes employées ? "

" Rofl, une fille ça se remplace inspecteur. La ville grouille de petits culs qui n'attendent que d’être pris. C’est bien entendu malheureux, je l’avoue. Mais ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. "

Étonnament, Garrett avait déjà envie de lui mettre son poing ganté en travers du visage, d’habitude il fallait un peu plus de temps, mais là, en une phrase Yoren y était parvenu, un nouveau record.

" Tu ne sais pas qui pourrait en vouloir à tes employées ? Voir même t’en vouloir à toi ? "

" Mh… Je ne connais personne qui fasse dans la barbarie… Le meurtre, l’intimidation… Je connais, et vous aussi inspecteur n’est-ce pas ? "

Content de son petit pique, le maquereau se trémoussa sur son fauteuil comme un gamin chatouilleux avant de reprendre.

" Mais je ne connais personne qui fait… Ça. J’imagine que madame n’est pas au courant de l’état dans lequel les corps ont été retrouvés ? Ne vous en faites pas inspecteur, le silence ça me connaît. "

Garrett s’avança, jusqu’à se planter face à bureau, s’il s’était penché en avant il aurait pu attraper l’autre bout du cigare avec ses dents, donc il était vraiment très proche.

" Ça te connaît ? Autant que les violences autorisées en échange de pot-de-vin ? "

Une nouvelle fois, Yoren écarquilla les yeux. Il ne s’agissait pas d’une information que l’inspecteur avait pu obtenir au hasard. Une de ses filles l’avait ouverte, il le savait, ça le faisait rager. Il s’enfonça sans son fauteuil, mâchant presque son cigare pour se détendre. Il resta silencieux, ne répondant pas à la question.




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Lauren Hill
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Sam 17 Fév - 15:00
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Mais je ne connais personne qui fait… Ça. J’imagine que madame n’est pas au courant de l’état dans lequel les corps ont été retrouvés ? Ne vous en faites pas inspecteur, le silence ça me connaît.

Je tiquais à l’évocation de l’état dans lequel le corps des victimes fut trouvé. Je n’en savais effectivement rien, néanmoins je me trouvais tout aussi incapable d’oublier la taille gigantesque de la tache de sang aperçue plus tôt. Ce qui laissait clairement supposer que la pauvre femme avait dû souffrir atrocement. J’en frissonnais, bien malgré moi.

Des pots-de-vin ?demanda le proxénète en observant Catesby avec un regard visiblement inquiet.

L’homme devait sentir le vent tourner, sans nul doute. L’information ne pouvait venir que de l’une de ses filles. Je n’avais donc aucun mal à imaginer les pensées qui devaient passer dans sa tête. J’accueillis son expression avec un sourire amusé. Bien joué, inspecteur, songeai-je tout en étant soulagée pour la pauvre Gisèle assise bien au chaud dans son train de nuit, bien à l’abri de ce salopard de première.

D’où sortez-vous une connerie pareille ?s’exclama-t-il nerveusement à présent.

- Vous savez Yoren, les bouches des femmes ne servent pas uniquement à soulager ces messieurs. Il arrive aussi qu’elles parlent, lançai-je avec un ton volontairement provocateur.

Très bien, jouons avec ses nerfs, ce type-là semblait perdre facilement son calme. Et ainsi acculé, il n’avait d’autres choix que d’attaquer… Et les erreurs ont tendance à se multiplier avec la colère. Continuons donc:

- Ce qui est drôle aussi, c’est que quand les langues se délient, elles ont tendance à s’emballer… Vous savez, en dire toujours plus… Agaçant, n’est-ce pas ?

Une perle de sueur coula le long de sa tempe, l’homme cherchait à rassembler une certaine contenance qui lui échappait. Pour preuve, son cigare tremblotait entre ses lèvres lorsqu’il essaya d’en tirer une bouffer salvatrice.

J’vois pas de quoi vous parlez.

- Vraiment ?dis-je en haussant légèrement un sourcil. Je trouve cette affirmation des plus amusante. Vous certifiez ne rien savoir, mais votre corps lui vous trahit. Vous avez peur, Yoren. Vous savez que cette fois, vous vous trouvez dans un sacré pétrin. À votre place, je répondrais à l’inspecteur, car si j’aime m’amuser avec vous, lui n’a pas l’air du tout d’humeur à plaisanter. Alors? Les violences autorisées …?

Dites mademoiselle, vous savez au moins ce que c’est une catin? rétorqua-t-il en se redressant sur son fauteuil. Ce ne sont plus des femmes, mais des tas de chair serviles. C’est ça vendre son corps beauté, et c’est ce que je fais pour gagner ma vie, je vends leur corps, au plus offrant. Rien de plus.

Bon sang, mais quel… A mon tour de devoir rassembler mon calme. Cet homme me dégoûtait profondément, il n’avait aucun respect pour ces pauvres âmes contraintes de devoir justement vendre leur corps dans l’espoir de survivre. Comme je le méprisais…

- Vous venez de commettre deux erreurs, espèce d’idiot congénital,répondis-je en affichant un nouveau sourire méprisant celui-ci, tout en me redressant à mon tour. - La première, c’est d’oublier que ces femmes sont justement des êtres humains avant tout et qu’elles sont protégées par la loi. La deuxième, et non la moindre, c’est que vous venez de donner une bonne raison à l’inspecteur de vous mettre sous les verrous.



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Garrett Catesby
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Sam 17 Fév - 15:52
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Ce n’était semble-t-il pas le jour du bonhomme, il fallait bien avouer qu’il n’était pas des plus intelligents non plus. Il se tenait dans la même qu’une femme qui ne semblait pas vraiment apprécier sa manière de traiter la gente féminine, et qui ne se faisait nullement prier pour intervenir et le remballer. Au lieu de se taire et d’essayer de changer habillement de sujet, il ne trouver rien d’autre que comparer ses putains à des bouts de viande, ce qui ne fit que doubler la hargne de la journaliste. Garrett quant à lui rester silencieux, l’homme assit devant lui, n’était qu’une loque. Et même lorsqu’il se redressa, c’est la main gantée de l’inspecteur qui le fit se rasseoir en lui poussant l’épaule de manière brusque. Se retrouvant poussé contre sa chaise, il n’eut pas d’autre choix que de s’asseoir.

Il disait soi-disant ne connaître personne capable d’accomplir pareil crime, mais Garrett n’en était pas totalement sûr, des types capables de tout contre un peu d’argent, il y en avait partout. Le proxénète aurait très pu engager quelqu’un pour tuer quelques filles afin de créer un semblant de peur panique et s’assurer de les garder dans son antre.

" Vous oubliez que sans moi, elles ne sont rien. C’est grâce à moi qu’elles peuvent nourrir leur marmaille, c’est grâce à moi qu’elles ont un toit sur la tête, qui d’autre fait ça hein ? "

L’inspecteur pouvait difficilement imaginer la détresse des femmes se livrant à ce genre d’activité, mais lui, aurait préféré crever de faim que de travailler pour ce type, sans que compter que dans le milieu, ce n’était peut-être pas le pire.

" Et, demandez à mes filles, vous verrez qu’elles sont satisfaites de leur vie, aussi minable soit-elle. "

Et ce salopard avait raison, aucune n’irait dire l’inverse, encore moins si cela leur faisait perdre leur boulot. Et la seule ayant parlé devait être loin à présent. Quel idiot il avait été de la laissée partir avec le billet, il aurait dû lui demander de rester, ne serait-ce que pour coincer ce type, même s’il ne s’agissait sûrement pas de l’assassin. Yoren continua de déballer toute sa vie, expliquant le pourquoi du comment, qu’il n’était responsable de rien, que tout n’était qu’un foutu malentendu.

" Et concernant un type avec un mouchoir rouge ? "

Il se tut, plus un son ne semblait vouloir sortir de la bouche du proxénète.

" Connait pas. "

" Ah oui ? "

Le peu de patience dont disposait Garrett venait de s’envoler, comme un tas de feuilles mortes soufflées par le vent. Tendant son bras, il attrapa la cravate de l’homme et le tira violemment de son fauteuil, le faisant passer par-dessus le bureau avant de l’envoyer au sol. Yoren roula jusqu'à se cogner contre une chaise, la renversant alors. Yoren se releva péniblement.

" Ça, tu le regretteras… J’te ferais roter du sang… "

L’inspecteur l’avait rejoint en deux pas, suffisamment rapidement pour lui asséner un coup dans le ventre, en plein dans l’estomac. L’homme se plia en deux avant de retourner sur le sol.

" Je suis sûr… "  Il se baissa pour le saisir aux épaules et l’aider à se relever. " Que tu le connais, mouchoir rouge, il paye bien, en échange, il peut faire ce qu’il veut tant qu’il ne touche pas au visage. Un petit effort, ça t’aideras à retrouver la mémoire. "

Un deuxième coup atteignit au niveau des flottantes, mais cette fois, il resta debout, fermement maintenant contre le mur par la main de l’inspecteur. Puis il finit par le lâcher, Yoren retomba sur les genoux, se rattrapant contre une chaise pour ne pas tomber de tout son long.

" C’est… Je ne connais pas son nom… C’est, un haut représentant de la ville… Le porte-feuille assez large pour acheter tout un quartier… Il paye… Donne deux ou trois fessées, puis une balade… Mais il ne tue pas, je te le jure… C’est pas lui… "

Un représentant de la ville ? Quelqu’un de haut placé ? Garrett rattrape l’homme pour le redresser à nouveau, le plaquant contre le mur.

" J’espère que tu dis la vérité, j’peux te jurer que si tu maltraites encore une de tes filles, c’est toi qu’on retrouvera un beau matin. "

" C’est… C’est une menace inspecteur ? "

" Une prédiction. "

En guise de dernier avertissement, il lui envoya son genou dans le bas-ventre, assez fort pour être sûr qu’il ne puisse plus pisser correctement pendant quelques jours. L’homme roula sur le sol, se tenant l’entre-jambe en couinant comme un pourceau. Il lança un regard à la journaliste, il avait presque oublié qu’elle était ici, au moins comme ça, elle avait vu une certaine phase d’interrogatoire, et puis ce type le méritait amplement, ne serait-ce que pour tout le mal qu’il avait fait et que la justice ne pourrait en rien réparer. Garrett déverrouille la porte, l’ouvrant entièrement, reprenant cette claque avec l’odeur. Mettant le dos de sa main contre son nez comme pour réduire la présence, il coula un long regard à la brunette.

" Si je vous dis, « les dames d’abord », vous le prendrez comment ? "







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Lauren Hill
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Sam 17 Fév - 17:38
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Quel sombre crétin…songeai-je en écoutant les propos du maquereau. Mâchoires crispées, bras croisés, je ne cessais de le dévisager d’un regard qui se voulait glacial. J’avais parfaitement conscience de la position de ces femmes, de ce manque de choix, de cette peur viscérale de mourir à l’extérieur. Cette condition constituait leur propre combat pour leur survie, pour elle comme pour leurs mioches comme le proxénète ne manqua pas de souligner. Si certain les méprisait, je leur reconnaissais un courage évident dont je ne serais nullement capable. Aussi, entendre ce salopard les traiter de la sorte me donnait la nausée.

S’en suivit menaces en parallèle et coups… Choquée, moi ? Mais pas du tout… À dire vrai j’étais plutôt partagée. D’un côté, je trouvais les pratiques de l’inspecteur aussi méprisables qu’inutile, et de l’autre… Je prenais tout de même un certain plaisir à observer ce déchet se faire ainsi maltraiter. L’un prenait néanmoins le pas sur l’autre et malgré tout, je ne pouvais m’empêcher de penser que l’inspecteur ne valait guère mieux que le maquereau crachant son sang sur son tapis tout neuf. Toutefois, veuillez noter que je ne levais absolument pas le petit doigt pour l’arrêter, me contentant d’observer l’enquêteur d’un regard dédaigneux.

Lorsqu’il ouvrit la porte, après en avoir terminé avec l’horrible Yoren, je passais devant lui. Je traversais rapidement le couloir puis la grande salle avec la ferme intention de sortir de cet effroyable endroit le plus vite possible. Une fois dehors, je pus enfin prendre une profonde inspiration, préférant de loin la puanteur familière des bas-quartiers que celle régnant à l’intérieur du bordel. Cette expérience m'avait profondément agacée, même au-delà… Je me mis à faire les cent pas dans l’espoir d’apaiser un tant soit peu mes nerfs à vif qui m'empêchaient de réfléchir correctement. Apercevant l’inspecteur du coin de l’œil, je me retournais vivement vers lui.

- Et bien quoi? C’est tout ? Vous vous contentez de lui casser la figure puis vous disparaissez le laissant continuer ses affaires louches ?

Je haletais à présent, cherchant la logique dans le raisonnement de l’homme en face de moi. Je trouvais cela tellement stupide, injuste…

- Et qui vous dit qu’il ne va pas simplement aller prévenir mouchoir rouge ? Disait-il seulement la vérité ?

Je plongeais mon regard d’acier dans le siens tout en réfléchissant. Cette histoire me frustrait. Nous n’avions finalement eut que quelques maigres informations et… Et je savais exactement à qui m’adresser pour en savoir plus. Réalisant cela, je me redressais, affichant à nouveau mon sourire fier et déterminé. Lorsque l’on a des relations, pourquoi ne pas en jouer, en particulier lorsque la relation en question se trouve assez bien placé pour avoir une vue d’ensemble sur les hauts dignitaires de la cité… Je jetais un rapide coup d’œil à ma montre qui m’indiquait une heure tardive. Toutefois, je connaissais l’homme, aussi avide de travail que moi et je doutais fortement que celui-ci ne soit pas penché sur quelques dossiers épineux.

- Ça vous direz de rendre visite à l’une de mes connaissances, ou est-ce trop tard pour vous?






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Garrett Catesby
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Sam 17 Fév - 18:12
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Mine de rien, mettre quelques coups bien placés à cette ordure lui avait fait du bien. La journaliste passa la première, Garrett juste derrière elle. Ils traversèrent le salon rapidement, bien décidés à sortir de cette bâtisse et de profiter de l’air frais de l’extérieur, il y avait certes quelques relents d’égouts dans les bas quartiers, mais au moins c’était respirable.

En entendant la jeune femme, il tourna légèrement la tête vers elle.

" Vous préférez que je finisse la travaille peut-être ? "

Il pesta, puis reprit.

" Que voulez-vous que j’fasse ? Aucune fille ne témoignera contre lui de peur de se retrouver à la rue, et cette Gisèle doit être loin à présent. Je ferais un rapport, pour expliquer ce qu’il se passe ici, mais ça ne débouchera sur rien. Le seul moyen d’en finir avec ce type et de s’assurer que plus jamais il ne fasse de mal serait de le faire sortir les pieds devant. "

L’inspecteur commença un ne faire quelque pas, réfléchissant à tout ce qu’il venait de se passer.

" Non, il ne mentait pas, ce type est un salopard, mais il n’a rien dans le pantalon. Il aurait vendu sa mère pour que je ne cogne pas plus. "

Cette histoire de mouchoir rouge… Il manquait encore des éléments, beaucoup d’élément. Si quelqu’un de la haute société s’amusait à massacrer des prostitués pour passer le temps, cette histoire risquait de faire grand bruit à travers toute la ville. Et bien sûr, il s’agissait d’accusation que l’on ne pouvait pas proférer au hasard, sans preuve à la clé. Il fallait avouer que cette affaire semblait se complexifier ou fur et à mesure. Pour l’inspecteur, Yoren n’avait rien avoir de manière directe avec les meurtres. Si l’inconnu au mouchoir était en effet le meurtrier, alors, Yoren pourrait être accusé de complicité, et ainsi être arrêté. Mais dans le cas contraire, à part l’accuser de laisser ses clients maltraités les prostituées… Personne ne s’occuperait de ces affaires. Garrett pouvait déjà entendre la réponse de ses supérieurs s’il mentionnait ces histoires de maltraitances : « Eh bien, des hommes tapent des prostituées, certaines tapes leur femme, le monde tourne toujours Catesby, faite quelques choses d’utile. ». La chose était triste, mais véridique, plus jeune il avait enquêté sur des violences conjugales, une notamment, la jeune femme avait fini par craquer et tout avouer, puis, craignant que la justice ne puisse la protéger de son mari, elle avait ensuite avoué avoir menti… Garrett lui, avait passé quelques minutes seul à seul avec le mari en question pour lui apprendre deux ou trois choses.

C’était tout de même étrange, un homme frappant sa femme passait presque pour quelque chose de banales, mais si lui, tapait un autre homme, là tout de suite, les gens s’offusquer. Un foutu monde dans lequel il vivait. C’est pour ça qu’il agissait de la sorte, car la justice n’était bien souvent pas suffisante pour régler les problèmes. Dans tous les cas, il n’avait pas menti sur une chose, s’il y avait de nouveau le moindre problème avec une des filles, l’inspecteur irait s’assurer que l’établissement ferme et que son gérant disparaisse.

" Serait-ce une invitation ? Si oui, je vous suis. "

Souffla-t-il avec un petit sourire, puis il prit une mine plus sérieuse.

" J’ai une question Lauren, enfin, si j’peux vous appeler ainsi… Votre « amie » qui aide les jeunes femmes dans des situations difficiles. Serait-elle en mesure de toutes les aider si par hasard, Yoren venait à casser sa pipe ? "

Le sous-entendu n’était même pas caché.




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Lauren Hill
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Sam 17 Fév - 18:56
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Je fronçais les sourcils tout en l’écoutant pester. Je connaissais la problématique, l’on m’en avait souvent parlé. Ces affaires de maltraitances sur les prostituées, en particuliers des bas-quartiers n’allaient jamais bien loin, même si la théorie voulait qu’elles se trouvent sous le couvert de la loi comme tout un chacun. Je ne pouvais donc que comprendre sa frustration… L’inspecteur remontait un peu dans mon estime. Ses manières laissaient certes à désirer, mais il avait bon fond. Voilà pourquoi je m’empressais de le rassurer :

-Ne vous inquiétez au sujet Gisèle, répondis-je en croisant fièrement les bras. Dois-je réellement vous rappeler qui lui acheté son billet et trouver un endroit où aller ? Je sais exactement où elle se trouve ou comment la contacter au besoin. Et se trouvant à présent en sécurité, elle parlera encore plus facilement.

Concernant le reste, je ne me montrais pas aussi confiante que lui sur la véracité des dires du proxénète. Je concevais parfaitement qu’il soit un parfait poltron, je n’en doutais même pas. Quand un homme s’en prend à des femmes, celui-ci ne fait guère preuve de courage. Néanmoins, si la personne se trouvait réellement influente, de quelque manière que ce soit, il ne prendrait certainement pas le risque de la dénoncer, même après avoir pris quelques coups. Toutefois, je lui laissais le bénéfice du doute, ma connaissance pourrait certainement nous aider, et ce n’était pas le cas, je ne manquais pas pour autant de pistes à explorer.

- C’en était une en effet, du moins si cela ne vous dérange pas de devoir supporter encore un peu un être aussi nuisible que moi, rétorquai-je en répondant à son sourire par un autre.

A nouveau, je haussais un sourcil en entends sa question. Je voyais clairement où il voulait en venir et bien que cela ne me plaise pas, je lui répondis :

-Je lui poserai la question, nous trouverons un moyen, j’en suis certaine.

Je n’étais pas particulièrement une militante de la cause féminine, ni même de la protection des pauvres âmes, néanmoins, force était de reconnaître, que cette fois-ci, je me sentais concernée par le sort de ces femmes.

Nous reprîmes alors la route, en sens inverse, traversant à nouveau ces rues trop étroites et mal éclairées jusqu’enfin sortir de ce quartier glauque.

- Par contre, nous ne pouvons décemment pas nous y rendre à pieds, lançai-je en hélant le premier fiacre qui croisa notre route.

Après lui avoir annoncé l’adresse de notre destination, je pris place dans la cabine. A nouveau le silence s’installa entre nous. Pour ma part, je me concentrais sur la suite des événements, avisant différentes pistes et relations, envisageant les différents scénarii possibles selon les réponses apportées.

Située dans les beaux quartiers de la ville, au bout d’une impasse soigneusement entretenue, la demeure en pierre se dressait fièrement face aux autres, les narguant presque par sa splendeur bourgeoise que je ne supportais pas. Je ne m’y rendais pour ainsi dire jamais, je n’aimais pas cette atmosphère guindée à l’excès, préférant la simplicité des hôtels que je me choisissais.

Descendant du fiacre, nous nous dirigeâmes vers la bâtisse bien loin de celle que nous venions de quitter. J’avisais les fenêtres éclairée grâce à la magie de l’électricité. A la porte, j’actionnais le carillon tandis que le tintement insupportable résonnait tout autour. Au bout de quelques minutes, le battant s’ouvrit sur une petite femme ronde qui m’accueillit, comme à son habitude, avec un immense sourire.

-Mademoiselle Lauren, quelle surprise !

- Bonsoir Marise, pardonnez-nous la visite tardive, mais je dois le voir. Il est là?

-Bien sûr, il est dans son bureau. Il sera surpris. Entrez, je vous en prie.

La domestique nous débarrassa de nos manteaux, nous indiquant une direction que je ne connaissais que trop bien. Arrivée devant le bureau, je toquais doucement pour ne pas surprendre l’homme occupé situé de l’autre côté. J’attendis l’invitation à entrer avant d’ouvrir lentement la porte.

Le quinquagénaire aux tempes grisonantes se leva d'un bon lorsqu'il m'apercu, m'offrant par la même un regard surprit auquel je m'étais attendu.

- Bonsoir papa, je te présente l’inspecteur Catesby. Il aurait quelques questions à te poser concernant une affaire importante.



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Garrett Catesby
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Sam 17 Fév - 23:13
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Pouvoir recontacter Gisèle, ça, c’était une information intéressante, du moins dans l’instant. Son témoignage pouvait être des plus décisifs dans cette affaire, enfin, si Yoren tombait pour complicité de meurtre, les violences gratuites ne serait qu’un chef d’accusation de plus à ajouter à la liste. Tuer Yoren n’était pas vraiment dans ses objectifs, du moins, seulement à moitié. Il fallait bien avouer que ce type n’allait manquer à personne, et que se serait rendre service à la société de l’envoyer six pieds sous terre. Mais, si une telle chose devait avoir lieu, l’inspecteur voulait être sûr qu’il était possible d’aider toutes ses filles. Même si les libérer du joug de ce salopard était déjà un bon coup de pouce, se retrouver sans emplois et à la rue n’était pas une bonne chose. Dans le futur… Peut-être pourrait-il se lancer dans ce genre d’opération, s’occuper de Yoren et petit à petit, offrir une nouvelle vie aux jeunes femmes.

L’on pouvait critiquer ses méthodes, sa façon de dispenser mort et jugement, il était facile de le critiquer, mais il était impossible de mettre en doute son bon fond. C’était peut-être pour cela qu’il était un bon inspecteur, un bon fond, mais n’hésitant nullement à se salir les mains pour faire ce qui devait être fait. Le quartier était glauque, enfin, lui n’en avait pas vraiment peur, mais il concevait que l’endroit était assez mal-aisant. Toutes ces petites ruelles tortueuses, l’éclairage plus que sommaire dans certaines portions, il y avait de quoi se méfier. La nuit était silencieuse, seul l’écho de leurs pas venaient troubler le silence. En effet, par une pareille nuit, il était aisé de tuer quelqu’un.

L’inspecteur grimpa à son tour dans le fiacre, venant s’asseoir en face de la journaliste. Le voyage se fit en silence, du moins entre eux. Il n’était pas rare d’entendre le cochet crier après les montures, voir même ronchonner lorsque ceux-ci prenaient un virage un peu trop serré. Il fallait cependant bien avoué qu’ils n’avaient pas été trop secoués. Le voyage durant peut-être une dizaine de minutes, jusqu'à ce que finalement, le fiacre s’immobilise dans le fond d’une impasse. Au premier regard, Garrett compris dans quel genre de quartier il se trouvait, rien que ce sol pavé était bien plus beau que tout ce qu’il avait pu voir jusqu'à présent. Toujours en silence, l’inspecteur suivit la jeune femme qui savait vraisemblablement où aller, elle connaissait l’endroit, il n’avait aucun doute la dessus. Lui n’était que trop rarement venu dans ce genre d’endroit, bien trop différent, il était d’un tout autre monde, sa garde-robe tout entière ne valait pas la porte d’une des demeures du coin. Et en règle générale, lorsqu’une affaire menait à l’interrogatoire de quelqu’un de bien placé, ce n’était pas lui que l’on envoyait, la peur de provoquer un incident diplomatique sans doute.

Elle connaissait cette domestique ? Étrange… Enfin, elle disait qu’il s’agissait d’une connaissance, jusqu’à rien d’anormal, et en plus, on venait lui prendre son chapeau et son manteau pour s’en occuper. Garrett refusa, retirant son chapeau, mais préférant garder son manteau. Il aimait se dévêtir lorsqu’il en avait envie, et pas lorsqu’une domestique lui attrapait un pan de veste. Après avoir doucement toqué à la porte, ils entrèrent faisant alors face à un homme. Garrett le reconnu, William Hill.

Papa ?! Soudain, tout se bouscula dans son esprit. Voilà pourquoi il connaissait ce nom, Hill ! Lauren Hill, fille de William Hill ! Par la peste, il avait envie de s’insulter de ne pas avoir réagi plutôt. Enfin, là n’était pas la question.

" Lauren, je suis surpris de te voir. "

Le regard de l’avocat se posa sur l’inspecteur, un regard presque suspicieux d’ailleurs. Il finit par se redresser, s’approchant, puis tendit finalement sa main à l’inspecteur.

" Je suis honoré de rencontrer l’inspecteur qui s’est occupé de l’affaire Fissburry. "

Garrett serra cette main qu’on lui tendit, notant la référence à cette vieille affaire… Celle-ci avait bien failli lui coûter sa place d’inspecteur, manquant de le renvoyer à la circulation, si ce n’est pire. Fissburry était une affaire très connu, du moins pas pour la bonne chose. Trafic d’armes, meurtre, l’affaire avait fait grand bruit. Notamment lorsqu’un certain inspecteur dont on avait tu le nom, avait décidé de se pointer à l’improviste dans l’entrepôt durant une transaction, jouant de la gâchette, jusqu'à en faire sauter la moitié du bâtiment, réduisant alors le trafic à néant. Rare était les gens sachant que Catesby en était à l’origine, et c’était d’ailleurs mieux ainsi.

" Votre affaire doit-être des plus importantes pour que ma fille daigne venir me rendre visite. "

Il se recula, retournant à son bureau, jetant un regard par la fenêtre en direction du fiacre qui se trouvait toujours au bout de l’allée.

" Elle concerne le meurtre de deux prostituées. "

" J’en ai entendu parlé, mais trop peu d’information circules à ce sujet, rare sont les personnes qui sachent que ces meurtres, on eut lieu. "

" Et pour cause, d’après un… Témoin. Un suspect potentiel serait une personnalité importante, un homme qui porte un mouchoir rouge plié dans une poche de sa veste. "

William Hill tourna les talons, regardant l’inspecteur, puis posa son regard sur sa fille.

" Anston Vurkilber.




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Lauren Hill
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Dim 18 Fév - 10:14
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Je suis surpris de te voir… Rien d’étonnant, je fuyais cette maison comme la peste. Celle-ci comme l’ancienne, bien plus modeste pourtant, celle de mon enfance à Laurgal… Alors m’imaginer évoluer dans pareille demeure, moi qui n’aspirais qu’à la simplicité, c’était tout bonnement impensable, et ce, malgré l’affection que je portais à mes parents. Je n’avais rien contre eux, bien au contraire, ils vivaient simplement leur vie comme ils l’entendaient et je vivais la mienne à l’écart de tout ça. Même s’il est vrai qu’ils n’appréciaient pas forcément, même s’ils respectaient mon choix.

Aussi, je ne réagis pas particulièrement à sa remarque, me contentant de me mettre à l’écart pour les laisser discuter tranquillement, sans pour autant en perdre une miette. Par sa position d’avocat reconnue, William, mon père, connaissait énormément de personnes influentes, que ce soit à Alexandria ou à Ünellia en son intégralité. Ces bonnes gens aimaient s’échanger des invitations à leur de nombreuses soirées mondaines dans le but évident d’étaler leur richesse et réussites aux yeux des autres. Si je trouvais cela ennuyeux, force est de reconnaître qu’il n’existe pas de meilleur moyen de garnir son carnet d’adresses… Et celui de mon père débordait littéralement.

Très peu pour moi, même si je dois bien reconnaître que nombre de mes relations viennent de l’entourage de mon père, tout du moins pour les personnes influentes de la haute société Ünile. Les autres évoluant de façon bien plus discrètes… Néanmoins, William ne se mêlait certainement pas à ce petit monde, au point même de “copier” leur mode de vie sans arrière-pensées. Maître Hill aimait avoir un œil sur tout, en permanence, afin de s’assurer d’avoir toujours un coup d’avance… Cela vous rappelle quelqu’un ?

J’écoutais donc, suivant la conversation tout en parcourant du regard les étagères regorgeant de livres en tout genre… Oui, uniquement dans le but de fuir le regard paternel bien trop semblable au mien pour me mettre à l’aise. Puis à l’entente d’un nom, cité sans aucune hésitation, je me retournais vivement vers mon père.

- Anston Vurkilber ? N’est-ce pas le nom du neveu du gouverneur ?

William m’adressa un sourire amusé doublé d’un haussement de sourcils.

- Celui-là même ma fille, tu as bonne mémoire.

Rien d’étonnant, j’avais rencontré cet homme lors d’une de leur soirée pompeuse, organisée pour une quelconque raison sois disant charitable… Un homme bien étrange, peu bavard, mais au regard chargé d’une perversité évidente. Je me souvenais encore du malaise ressenti à son côté, chose rare me concernant, car il avait bien évidemment fallu que l’on m’installe à sa table…

- Évidemment, rétorquai-je en croisant les bras. Mais une simple évocation de couleur de mouchoir te suffit à faire le lien?

-Les détails, Lauren, soupira-t-il en contournant son bureau. -Tout est dans les détails. Si tu observes bien, rien ne peut t’échapper.

- Je te sais doué, papa, mais tu avoueras que c’est un peu léger.

A nouveau il me sourit. Sur de lui, il s’appuya sur son bureau, plongeant son regard dans le mien.

-Quelle est la couleur communément utilisée pour les mouchoirs?

- Le blanc, évidemment.

-Et peux-tu me rappeler ce que tu reproches aux gens de la haute ?

Et mince…

- De se calquer les uns sur les autres comme de vulgaires moutons...

A nouveau il haussa un sourcil avant qu’un rictus satisfait ne se dessine sur son visage.

-Bien vu ma fille.

- Depuis quand est-il revenu ?

-Hum, quelques semaines, je dirais six, si mes souvenirs sont bons.

A mon tour de sourire. L'affaire avançait.



Lauren s'exprime en #99ccff


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Garrett Catesby
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Dim 18 Fév - 14:37
Irys : 509901
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Le neveu du gouverneur… Voilà une information qui n’allait sans doute pas l’aider dans cette enquête. Autant dire que s’il mentionnait le mot « gouverneur » dans son rapport, l’affaire allait vite être entendu et mis au placard comme si de rien n’était. Donc, cette information ne devait aucunement arriver jusqu’à ses supérieurs, sinon tout ce qu’il avait fait jusqu’à présent se serait révélé être totalement inutile. Garrett serra les dents, essayant de trouver un moyen de démêler le sac de nœuds qui lui arrivait dessus au fur et à mesure qu’il tirait sur la ficelle. Il écouta attentivement la discussion entre la journaliste et son père, comprenant qu’il y avait… Comme un semblant de rivalité entre eux, un peu comme si son père testait sa fille pour voir si elle n’avait rien oublié de son éducation. Pendant ce temps, Garrett fit machinalement le tour du bureau, son regard se perdu sur les différents ouvrages, les petites décorations, et toutes sortes de choses. Il ne s’agissait pas vraiment d’une curiosité maladive, mais plutôt d’un moyen de s’occuper l’esprit pendant qu’ils discutaient.

Il releva la tête en entendant que cela faisait six semaines que ce Anston était de retour en ville, la première victime avait été retrouvée trois semaines plus tôt. Imaginer qu’il avait préparé son coup pendant trois semaines était totalement envisageable. Trois semaines étaient suffisantes pour trouver un bordel, un endroit calme pour tuer, et surtout voir les habitudes de la victime et savoir comme s’y prendre pour l’attirer dans un piège. Il suffisait de regarder la journaliste pour se rendre compte que d’une femme à l’autre, le niveau de méfiance n’était pas du tout le même. Il voyait difficile la brunette accepter une promenade nocturne dans les bas quartiers, avec la brume et pénombre quasi-constante. Et il ne voyait pas non plus ce qui pousserait une prostituée à la faire, si ce n’est un paiement important, ou quelque chose dans le genre.

" Cela pourrait correspondre. "

Finit-il par dire, n’ayant toujours pas bougé de devant l’étagère contenant tous les ouvrages.

" Vurkilber est un homme dangereux de par son influence, j’avoue avoir un carnet de relation bien remplis, mais le siens l’est encore plus. Et… J’imagine que je ne vous apprends rien inspecteur Catesby si je vous dis qu’il bénéficie d’une certaine immunité concernant toutes formes d’accusation. Il faudrait des preuves accablantes contre lui. "

Encore un foutu salopard qui profitait de son rang, Garrett en bouillonnait d’avance. Quant aux preuves, et bien pour le moment rien. Si ce n’est le témoignage d’une pute et d’un maquereau, autant dire qu’il ne préférait même pas en parler. Il fallait une preuve directe, quelque chose d’incontestable, mais malheureusement l’inspecteur n’en n’avait nullement sous la main.

" J’irai lui parler. "

" Sûrement pas directement inspecteur. Cependant… "

William Hill se redressa, tirant doucement sur un petit tiroir caché dans un angle du bureau. Il en sortit un petit carnet dont il feuilleta brièvement les pages.

" Vurkilber organise une soirée mondaine demain soir à sa demeure, toute la haute sphère y sera, lui y comprit bien sûr. "

Il sortit du livre deux petites cartes, qu’il disposa en évidence sur le bureau.

" J’ai même deux cartons d’invitation, si cela vous tente… Car pour l’instant, je veux bien vous aider, mais je ne vois pas d’autre façon de l’approcher autrement. Et, j’imagine que vos méthodes traditionnelles comme… La convocation pour un interrogatoire en règle ne lui fera même pas lever le petit doigt. "

Cette histoire de soirée mondaine ne lui plaisait pas, déjà, parce qu’il n’aimait nullement ce genre de soirée, et aussi parce que même s’il parvenait à s’approcher du neveu, il ne pourrait rien faire. Mais, ça valait le coup d’essayer, s’il avait de la chance, il pourrait peut-être parcourir la demeure en tant qu’invité, et… Fouiller un peu, investiguer, comme on dit. Garrett se rapprocha du bureau, lorgnant les cartons d’invitation qui par ailleurs, n’était pas nominatif, une chance pour eux.

" Et bien, cette soirée s’annonce sympathique. "

Il marqua une brève pose, coulant un regard à la journaliste.

" Le prendrez-vous mal si je demande la main de votre fille pour m'accompagner à cette petite fête mondaine ? "




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